Ne vous fiez pas à l’ignoble couverture de Juanalberto Dessinator : Roosevelt s’inscrit avec ce livre dans la voie encore peu fréquentée des BD théoriques ou des essais graphiques. On pense souvent à le lire à L’Art invisible de Scott McCloud – et pas à Sfar et à ses carnets qui, désolé, ne sont pas de la pensée, non, même pas de la BD, mais des carnets, c'est-à-dire le genre d’écrit relégué habituellement à la fin des œuvres complètes d’un écrivain ; Baudelaire aurait-il connu la gloire […]
Une nouvelle pile s'ajoute à ma bibliothèque: La Revanche de la Nuit de Jarry, trouvé pas cher chez Saunier; Mason & Dixon en français, car je n'avais pas vraiment réussi à aller jusqu'au bout du livre en anglais, et qu'il était d'occasion chez Gibert; et la thèse de Riewert Ehrich sur Jarry, envoyée directement par l'auteur. Il va falloir que je me remette à l'allemand... Mais le vrai bonheur du jour, c'est ceci: Eh oui, grâce à ebay, j'ai enfin mis la main sur l'édition originale de […]
J’ai un peu de mal à lire les enfants Tanner. La couverture, pour commencer, me gêne : je ne sais qui l’a choisie, mais les graphistes chez folio n’étaient pas inspirés ce jour-là. Je ne retrouve rien de l’atmosphère du livre sur l’image qu’il arbore, et cela m’ennuie, car chaque fois que je le reprends en main, ce tableau de Hopper, Office at Night, qui appartient clairement aux années 40, obsède mon regard. Ce bureau aux lumières abstraites, les regards ténébreux des personnages, […]
Il n’est pas nécessaire de relire Démons et merveilles (quel titre mal traduit !) pour sentir un frisson d’étrangeté courir dans son dos ; Ovide y suffit amplement. Dans le livre XI des Métamorphoses, il décrit le Palais du Sommeil, enfoncé dans le creux d’une montagne, à l’abri du soleil, des chants des coqs et des cris des chiens : at medio torus est ebeno sublimis in antro, plumeus, atricolor, pullo velamine tectus, quo cubat ipse deus membris languore solutis. hunc circa passim varias […]
Il suffit d’ouvrir les Essais au hasard pour se désoler. Se désoler de sa propre incapacité à rendre ainsi le « passage », à noter aussi consciencieusement les mouvements de son esprit, à accepter sa finitude. Signe ? C’est à l’essai consacré aux livres que s’est fendue spontanément ma nouvelle édition de Montaigne. Le projet de se dire à travers ses lectures y est exposé dans une langue forte, charpentée comme plus jamais la langue française ne l’a été depuis, nourrie de latinismes et […]
À propos du livre de Manguel, je relisais chez lui un passage de Sylvie et Bruno de Lewis Carroll concernant une bibliothèque idéale fondée sur une synthèse mathématique : Je veux dire, si nous appelons les idées des facteurs mathématiques, ne peut-on dire que le plus petit commun multiple de tous les esprits contient celui de tous les livres ; mais pas l’inverse ? […] si nous pouvions seulement appliquer cette règle aux livres ! Vous comprenez, en trouvant le plus petit commun multiple, […]
Malgré l'état déplorable de ma bibliothèque, qui déborde de partout, d'autres livres sont venus la rejoindre: Une revue consacrée à Jarry, 303; L'Arc-en-ciel de la gravité, seul Pynchon que ne n'ai pas lu et qui vient de ressortir dans la même traduction peu amène, selon Claro, qu'il y a presque dix ans; et une petite collection de Robert Walser pour continuer dans la lancée des enfants Tanner. Vous avez remarqué que les livres posés couverture vers le haut ont toujours le dos à l'envers […]
Le deuxième livre fondateur pour ce blog, c’est La Bibliothèque, la nuit, d’Alberto Manguel. Pour le coup, je n’avais aucun a priori quant au contenu de l’ouvrage : j’avoue à ma grande honte que je ne connaissais rien de l’auteur, pas la moindre bribe de biographie ; à peine si je me souvenais qu’il était responsable d’un Dictionnaire des lieux imaginaires, ce qui en soit est déjà beaucoup. Depuis (merci Wikipedia) j’ai appris qu’il avait fait quatre ans durant la lecture à Borgès aveugle, […]
Un gros arrivage de livres en tous genres: BD plus ou moins bonnes, des dessins d'actualité aux essais artistiques, pas mal de manga et de manhwa, et quand même la Pléiade et l'album Montaigne pour faire bonne figure...
Deux livres ont une place spéciale ici, puisque c’est en les lisant que j’ai eu l’envie de faire ce blog. Commençons par Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? de Pierre Bayard. Un livre dont j’avais vu la publicité, sous forme d’une vidéo de l’auteur, sur le site de télérama (que faisais-je sur ce site, me direz-vous ? je me le demande également). Pierre Bayard est universitaire, ce qui me le rend d’emblée sympathique ; j’avais lu des critiques assez dithyrambiques de ses livres […]
Pour contredire immédiatement le sérieux du Linteau, je reviens sur deux bandes dessinées lues dernièrement. Le Chat du kimono de Nancy Peña (La boîte à bulles, 2007, 16 €), repérée avec Le Cabinet chinois, suivie dans la Guilde de la mer. Son dessin ne fait que s’affirmer ; les mains tordues de ses premiers personnages ont pris forme, le noir et blanc emprunte ses contrastes aux illustrateurs de la fin du XIXe siècle, Toulouse-Lautrec et Bonnard en tête. Au niveau du scénario, Nancy Peña […]
Les trois fascicules bleus, c'est la revue L'Oeil, consacrée à la littérature du XIXe siècle, qui publient des textes introuvables d'auteurs oubliés: Retté, Aurier, Rebell. Avec les Balzac et la comédie des signes, ils feront l'objet d'un compte rendu dans les Acta fabula. Moby Dick, car il faut lire ses classiques - et comme je le dirai plus longuement, ces classiques sont souvent très étonnants -; Les enfants Tanner de Walser que je connaissais de nom, mais que j'ai voulu lire très vite […]
Comme les idées constituent les formes principales des choses, à partir desquelles toute chose est formée, […] nous devons former en nous les ombres des idées […] de telle sorte qu’elles puissent s’adapter à toutes les formations possibles. Nous les formons en nous, comme dans le mouvement des roues. Si tu connais, toi, un autre moyen, essaie-le. Giordano Bruno, De umbris idearum, Conceptus XVII. Pourquoi « Linteau » ? Vieille habitude de penser l’écriture comme une architecture. Mais il […]
:
Retranscrire mes expériences de lectures – toutes mes lectures : théorie littéraire, romans, bandes-dessinées, voire éventuellement des articles qui m’auraient marqué, de façon à objectiver quelque peu ces miroirs éphémères de ma conscience, et pourquoi pas tenter d’y trouver un ordre. Voir le Linteau pour plus d'informations.