Les enfants Tanner

Publié le par L'Ombre

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J’ai un peu de mal à lire les enfants Tanner. La couverture, pour commencer, me gêne : je ne sais qui l’a choisie, mais les graphistes chez folio n’étaient pas inspirés ce jour-là. Je ne retrouve rien de l’atmosphère du livre sur l’image qu’il arbore, et cela m’ennuie, car chaque fois que je le reprends en main, ce tableau de Hopper, Office at Night, qui appartient clairement aux années 40, obsède mon regard. Ce bureau aux lumières abstraites, les regards ténébreux des personnages, suggèrent des développements en telle inadéquation avec le livre que je dois faire effort pour ramener mon esprit à la juste tonalité pour apprécier le texte.
L’absence d’événements marquants dans le récit n’y aide pas. Walser parvient à créer des passages envoûtants – le début est très dérangeant ; la découverte d’un cadavre de poète avec son carnet congelé dans la poche, l’éloge de la campagne que fait Simon, l’un des enfants Tanner, sont des instants de lecture étonnants. Mais je peine à me concentrer sur le reste, sur les relations de ces personnages aux sous-entendus si fins, sur ces sentiments aux nuances si ténues. Mon esprit vagabonde. Je n’ai pas encore saisi de quoi il est question – et cette ambiguïté m’égare.
Quant à la référence constante à Kafka, que tous les critiques ont aux lèvres (« Kafka n’aurait pas écrit de la même façon sans Walser », etc., etc.), je la trouve bien moins juste que le renvoi à Musil. Oui, il y a de l’Homme sans qualités dans Simon, dans ses discussions philosophiques, dans le rapport étrange qu’il noue avec sa sœur. Je réserve mon jugement pour plus tard.

 

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JADE 26/05/2012 15:19

Désolée mais je n'ai pas du tout aimé ce livre... Idem pour la couverture que je trouve inadéquate, voire "moche"...Quant à l'histoire...absolument sans intérêt..les personnages principaux sont des
rêveurs et qui ne construisent rien de leur vie et à contre-courant d'une quelconque création. De plus l'attitude de Simon avec ce cadavre trouvé dans un bois est des plus choquante !

Bartleby 09/06/2007 18:56

Merci pour le lien (même si ce n'est pas le titre exact !). Vous ne devriez pas être déçu par l'Institut... Coment est ce livre de Bayard ? Est-ce pertinent ?

L'Ombre 09/06/2007 19:38

Ah oui, Bartleby faisait partie du titre! Je corrige...Le livre de Bayard, malheureusement, partait d'une bonne idée (renier la linéarité temporelle de l'histoire littéraire pour renouer avec des expériences de lectures fondée sur une autre forme de rapport au temps), mais la réalisation du livre est un peu décevante - chapitres longuets, peu convaincants; pas son meilleur de loin.

Bartleby 07/06/2007 22:53

Désolé pour le "mourrut" ! J'ai honte, mais je n'en suis pas mort !

L'Ombre 08/06/2007 09:28

Pas de honte à avoir, moi aussi je fais plein de fautes, mais j'ai la chance de pouvoir les corriger dans les articles quand on me les signale!J'ai mis votre blog dans les liens.

Bartleby 07/06/2007 22:39

Bonsoir,

Je partage tout à fait votre avis sur le choix de la jaquette ! Il n'y a strictement aucun rapport entre l'atmosphère du tableau de Hopper et celle du livre. Le rapprochement entre Kafka et Walser me semble être purement promotionnel, le nom de Walser n'apparaît d'ailleurs qu'une seule fois dans le Journal de Kafka. Par contre, c'est un excellent roman, peut-être pas aussi bon que l'Institut Benjamenta, mais excellent tout de même. Je ne sais pas ce que vous connaissez de la vie de Walser, mais l'impression que vous avez ressentie à la lecture du passage sur la mort du poète dans la neige est encore plus forte lorsque l'on sait que c'est de cette façon que mourrut Walser près de 50 ans plus tard...

L'Ombre 08/06/2007 09:24

C'est vrai, je n'avais même pas fait le rapprochement! Et pourtant, j'ai lu Demain est écrit de Pierre Bayard, qui analyse ce genre de coïncidences entre l'oeuvre et la mort d'un auteur... L'institut Benjamenta est sur ma pile à lire, je vais le remonter d'un cran!Et bravo pour votre blog, au fait...