L'écrivain fantôme

Publié le par L'Ombre

Comme vous l’aurez remarqué, le blog est un peu en vacances, mais cela ne m’empêche pas de lire le New York Times. Et aujourd’hui, j’apprends que Robert Ludlum, l’auteur du thriller The Bourne Identity et de ses suites (que les auteurs de la BD XIII ont lâchement plagié), continue à publier alors qu’il est mort depuis six ans. Rien de posthume : ce sont d’autres auteurs qui écrivent ses livres, qui paraissent avec son nom à lui en grand (comme on peut le voir sur cette photo du NYT, légendée « Les livres de Ludlum écrits par d’autres auteurs »).
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L’article ne précise pas si ces ghost writers pour fantôme officiaient déjà de son vivant. Ludlum aurait soit disant lui-même insisté pour que son personnage continue de vivre après sa mort, afin de laisser un souvenir dans l’histoire de la littérature (hum). Il aurait donc aimé survivre dans les mémoires comme l’inventeur d’une franchise ? En tout cas, cela arrange bien ses éditeurs, qui peuvent continuer à sortir des épisodes des aventures de Bourne, le héros amnésique, au même rythme que les films tirés des livres. Une belle preuve de reconnaissance posthume… L’un des repreneurs (car ils se mettent à plusieurs pour en sortir plus vite) s’est débarrassé de la femme et des enfants du personnage, que Ludlum avait crée à la fin de la série, parce qu’il ne savait trop comment les intégrer à l’action. La mémoire de la série a été tout aussi vite effacée que celle du héros : les créateurs de ces suites doivent espérer un lecteur amnésique lui aussi. Rien ne me gêne vraiment, dans cette histoire, sinon la candeur des ayants-droits de Ludlum, qui ne font rien pour cacher qu’ils n’ont absolument rien à faire du droit moral du moment que cela leur rapporte un bon gros paquet d’argent.

 

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fausto 12/08/2007 12:23

Le même coup avait été tenté (avec moins de succès) avec Mario Puzo.

L'Ombre 12/08/2007 15:40

Nous entrons peut-être dans une ère où l'auteur unique est condamné à disparaître, où les collaborations se multiplieront. Ce n'est pas forcément signe de médiocrité (certaines séries américaines montrent qu'une collaboration au scénario peut donner de bien meilleurs résultats qu'un scénariste unique), mais cela risque de limiter les oeuvres vraiment originales, si l'écriture collective devient démocratique...

MitlaMit 31/07/2007 11:20

Mais qui est Eric Van Lustbader ?

isabelle mercier 30/07/2007 22:50

encore un ayant droit vénal ?! Décidément, les grands auteurs n'ont pas eu de chance!

L'Ombre 30/07/2007 23:33

grand auteur, je n'irai peut-être pas jusque là...