Du fin de siècle

Publié le par L'Ombre

Cela faisait longtemps que je n'avais pas acheté autant de littérature fin-de-siècle. Tout d'abord un grand classique que ma bibliothèque jarryque rougissait de ne pas contenir, Alfred Jarry ou la Naissance, la Vie et la Mort du Père Ubu, de Paul Chauveau, ou comment former durablement les esprits à l'idée que Jarry=Ubu. Mais le livre ne se réduit pas à cette équation douteuse ; et l'on s'étonne même d'y trouver des descriptions bucoliques de la Mayenne à l'époque de Jarry…

Des souvenirs, des souvenirs avec Fontainas et Raynaud ; je conseille dans Mes souvenirs du Symbolisme le récit du banquet Moréas le 2 février 1891, raconté avec une candeur idéaliste touchante quand on connaît d'autres récits de l'époque (celui que Barrès fait par exemple au savant Byvanck de passage à Paris en 1891 : « On ne comprit que la moitié du speech par lequel le président Stéphane Mallarmé ouvrit le banquet ; quant à Moréas, on n'entendit rien de ce qu'il dit à cause de l'émotion qui étrangla sa voix ; mais on applaudit avec fureur le toast porté par l'un des assistants qui, gravement, leva son verre et dit : ''Je bois à ceux qui ne mangent pas.'' C'était parfaitement ridicule, et cela a été un parfait succès. » :

Du théâtre des contrées du Nord, idéaliste à souhait – c'est en cas tout cas ainsi que l'interprétaient les critiques symbolistes, pressés de trouver de l'allégorie sous le drame – avec l'édition originale française du Canard Sauvage d'Ibsen, et l'édition de 1901 d'Au-dessus des forces humaines de Bjørnstjerne Bjørnson (prix Nobel de littérature 1903 et auteur de l'hymne national norvégien !) :

Des réflexions sur l'art sous forme de notes de voyage de Maurice Denis :

Et enfin, l'édition originale (mais oui !) du Nouveau Monde, la pièce que Villiers de l'Isle-Adam avait écrite à l'occasion d'un concours en l'honneur du centenaire de la proclamation de l'indépendance des États-Unis, concours qu'il remporta haut-la-main :

Publié dans Acquis

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