Pas véritablement une déception…

Publié le par L'Ombre

Une petite polémique pour débuter l’année ? Ces derniers mois, je n’ai évidemment pas tenu mes promesses, et la plupart des livres que j’ai lus ne sont pas apparus sur ces pages. Je pense par exemple à Do Androids Dream of Electric Sheeps de Philip K. Dick, que je lisais pour la première fois (la honte, soit dit en passant), et qui m’a laissé des impressions mitigées. J’ai déjà dit lors de la relecture de The Man in the High Castle mon incapacité à penser quoi que ce soit de profond à propos de cette prose qui reste envoutante, et qui force comme peu d’autre la lecture jusqu’au bout. Mais je me suis demandé, avec ces Androids, si cette soif de connaître la suite, si les questions philosophiques qui découlaient de la lecture de Dick, n’étaient pas des effets non prévus par leur auteur. Ou plutôt, s’il ne fallait pas rattacher l’envie de connaître la suite à un simple suspense facilement mis en place dans ce genre de romans, que l’on retrouve dans les séries américaines contemporaines comme Heroes, et si les questions philosophiques ne relèvent pas de ce que l’on pourrait définir comme l’éthique de Dick. Voilà la conclusion à laquelle je suis parvenu : PKD est un La Bruyère ou un La Rochefoucauld moderne ; il crée des histoires avec un nombre réduit de personnages, qui incarnent tous des types ou des notions assez simples ; l’intrigue est un affrontement de principes, un prétexte à pontifier. Dick n’est pas un philosophe, c’est un moraliste ; il utilise des situations de science-fiction pour faire passer un message finalement assez banal – du genre : la discrimination, c’est mal (les robots sont des hommes comme les autres…). Ses bouffées de mysticisme m’étonnent moins : au début de notre ère, il aurait pondu quelques Apocalypses, et de beaux apologues.

PKDperruque.jpg

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Jez 13/01/2008 17:16

je trouve que PKD ressemble énormément au présentateur de des chiffres et des lettres, Bertrand Renard!!

Pedro Babel 03/01/2008 19:19

La lecture de "Blade Runner" (titre de mon édition) m'a laissé un arrière-goût amer et déçu de carton bouilli pré-mâché : c'était peut-être d'en avoir pendant si longtemps entendu chanter les hautes louanges. Je crois surtout avoir trouvé ça inachevé : de bonnes idées mais jamais réellement abouties. L'ensemble possède un petit côté démodé, trés daté années 50, un aspect plus HLM déglinguée que Babylone technologique (une mauvaise influence du film?). Les idées de Dick, elles, me passent largement au-dessus de la tête. Quant au style, il est correct, mais pas exempt des maladresses qui semblent décidément inhérentes au genre SF - cependant on reste bien sûr trés loin des aterrants clichés d'un Asimov. La lecture du "Maître du haut château" reste quand même prévue à l'horizon - je trouve l'idée de départ si séduisante...

L'Ombre 04/01/2008 17:07

Je vois que je ne suis pas le seul à avoir ces drôles de sentiments à propos de PKD. Mais je dois quand même avouer que, malgré tout cela, on a envie de savoir la suite et l'on prend plaisir à lire. J'imagine que son talent n'est simplement pas là où on l'attend... Il doit titiller des éléments inconscients en nous.

maman 03/01/2008 11:32

trop mignon PKD avec sa perruque! Moi, ce que je trouvais envoûtant dans le maître du haut chateau, c'est que finalement, après un nombre colossal de lectures, je n'y comprenais pas grand'chose, j'étais juste...envoûtée...

L'Ombre 03/01/2008 12:40

C'est peut-être qu'il n'y avait pas grand'chose à comprendre...

palotin 03/01/2008 10:43

comment ça les robots sont des hommes commes lea autres! et au fait superbe l'image!

L'Ombre 03/01/2008 12:41

C'est une image d'archive retrouvée grâce à de patients travaux de recherche, qui prouve parfaitement ce que j'avance: en plus de se croire dans la Rome antique, PKD se croyait au temps de Louis XIV.