Lundi 7 janvier 2008
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20:41
Dans
sa colonne du New York Times, Stanley Fish (oui, l'auteur d'
Is There a Text in this
Class, dont je suis assez fan et qui démonte l'idée qu'un texte ait un sens unique sans tomber dans du Derrida) répond à un nouveau livre d'Anthony Kronman,
Education’s End: Why Our
Colleges and Universities Have Given Up on the Meaning of Life. Kronman défend passionnément l'enseignement des Lettres: selon lui, la lecture des chefs-d'oeuvres de l'humanité, des grands
classiques, ferait de nous des hommes meilleurs, et nous inspirerait de hautes et nobles pensées. Comme le fait remarquer Stanley Fish, si tel était le cas, on trouverait les êtres les plus
moraux, pleins d'abnégation et de gentillesse, dans les départements de Lettres des Universités - ce qui n'est évidemment pas vrai, comme tout étudiant de Lettres l'aura remarqué. Il n'y a aucun
rôle pour l'enseignement des Lettres dans la société, selon Fish, qui a fait de la séparation des domaines académiques et politiques ou sociaux l'un de ses combats privilégiés.
Si je suis assez d'accord avec lui (étudier les Lettres sert avant tout à devenir prof de Lettres, sinon on perd pas mal de temps à se trouver une voie), j'ai quand même l'impression que l'étude
de la littérature peut servir à améliorer l'esprit: en apprenant à décortiquer un texte, à analyser des arguments, à comprendre les mécanismes de la rhétorique, on peut espérer ne pas être dupe
du genre de propagande qu'on nous sert en guise de messages politiques ces temps ci.
Quelques résultats de la recherche /propagande/ sur google images; d'autres choses intéressantes à voir par vous-mêmes...
Par L'Ombre
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Publié dans : Lus
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Ce qui est incroyable, c'est que l'on croit encore que je parle de lui alors que je ne le fais pas - et ce qui est encore plus incroyable, c'est qu'il suffise que j'écrive lui pour que l'on sache parfaitement de qui l'on parle.
Concernant ta dernière remarque, on retombe en fait toujours dans le vieux dilemme de Quintilien: si la rhétorique est un art du discours vide, elle permet tous les excès, d'où la nécessité de former des viri boni dicendi periti (allez, on peut se permettre un peu de pedantisme de temps en temps!), des hommes de bien qui sachent parler, parce que la rhétorique a elle seule n'assure pas la moralité.
D'ailleurs je m'en fiche un peu, de la moralité: ce qui m'inquiète plus, c'est le pouvoir psychique: quitte à offrir des armes linguistiques, autant en donner à tout le monde.
C'est de moins en moins clair, ce que je raconte, non?