Pas véritablement une déception…
Une petite polémique pour débuter l’année ? Ces derniers mois, je n’ai évidemment pas tenu mes promesses, et la plupart des livres que j’ai lus ne sont pas apparus sur ces pages. Je pense par exemple à Do Androids Dream of Electric Sheeps de Philip K. Dick, que je lisais pour la première fois (la honte, soit dit en passant), et qui m’a laissé des impressions mitigées. J’ai déjà dit lors de la relecture de The Man in the High Castle mon incapacité à penser quoi que ce soit de profond à propos de cette prose qui reste envoutante, et qui force comme peu d’autre la lecture jusqu’au bout. Mais je me suis demandé, avec ces Androids, si cette soif de connaître la suite, si les questions philosophiques qui découlaient de la lecture de Dick, n’étaient pas des effets non prévus par leur auteur. Ou plutôt, s’il ne fallait pas rattacher l’envie de connaître la suite à un simple suspense facilement mis en place dans ce genre de romans, que l’on retrouve dans les séries américaines contemporaines comme Heroes, et si les questions philosophiques ne relèvent pas de ce que l’on pourrait définir comme l’éthique de Dick. Voilà la conclusion à laquelle je suis parvenu : PKD est un La Bruyère ou un La Rochefoucauld moderne ; il crée des histoires avec un nombre réduit de personnages, qui incarnent tous des types ou des notions assez simples ; l’intrigue est un affrontement de principes, un prétexte à pontifier. Dick n’est pas un philosophe, c’est un moraliste ; il utilise des situations de science-fiction pour faire passer un message finalement assez banal – du genre : la discrimination, c’est mal (les robots sont des hommes comme les autres…). Ses bouffées de mysticisme m’étonnent moins : au début de notre ère, il aurait pondu quelques Apocalypses, et de beaux apologues.