Raphaël Meltz – Meltzland
Je me vois dans l’impossibilité de résumer ce livre – Raphaël Meltz nous avertit en quatrième de couverture que cela gâcherait tout : « il faut vraiment le lire dans l’ordre, bien sagement. Sans tricher. Sinon tout le mal que je me suis donné à monter une structure narrative élaborée deviendrait subitement inutile ». Même si l’on devine à peu près l’intrigue (l’évidence s’est fait jour p. 86 en ce qui me concerne) ; mais ce n’est pas une raison pour s’arrêter de lire, et tout le monde sait que l’on ne regarde pas la plupart des films pour leur dénouement convenu, mais pour la façon dont on y parvient — et le frisson d’avoir l’impression d’être parvenu à percer à jour l’auteur est bien souvent la principale émotion d’un roman. Remercions donc Raphaël Meltz de nous tendre ce piège à souris qui peut nous captiver quelque temps ; d’autant que la forme que prend ce récit n’est pas nécessairement celle qu’il désirait, il l’avoue lui-même : tout cela, c’est pour nous faire plaisir.
Le genre ? Une comédie sentimentale hollywoodienne métathéorique (ou quelque chose d’approchant). Le style ? Ironiquement familier, avec des agrammaticalités voulues, des parenthèses réflexives d’une fluidité étonnante quand on sait la lourdeur qui accompagne souvent ce procédé, des prétéritions récurrentes, des signes de ponctuation utilisés comme des éléments rythmiques et des liens syntaxiques minimaux (lisez, vous comprendrez ce que j’essaie péniblement de dire sans recours à des citations). Un livre à la fois très conscient de soi et au premier degré : on a sans cesse le sentiment d’assister à la création même du récit – ce qui demande évidemment beaucoup de travail et de retouches, la spontanéité étant la chose la plus fastidieuse à rendre par écrit (à moins que je ne parle que pour moi).
Et pour ne rien gâter, c’est hilarant.
Le genre ? Une comédie sentimentale hollywoodienne métathéorique (ou quelque chose d’approchant). Le style ? Ironiquement familier, avec des agrammaticalités voulues, des parenthèses réflexives d’une fluidité étonnante quand on sait la lourdeur qui accompagne souvent ce procédé, des prétéritions récurrentes, des signes de ponctuation utilisés comme des éléments rythmiques et des liens syntaxiques minimaux (lisez, vous comprendrez ce que j’essaie péniblement de dire sans recours à des citations). Un livre à la fois très conscient de soi et au premier degré : on a sans cesse le sentiment d’assister à la création même du récit – ce qui demande évidemment beaucoup de travail et de retouches, la spontanéité étant la chose la plus fastidieuse à rendre par écrit (à moins que je ne parle que pour moi).
Et pour ne rien gâter, c’est hilarant.
Publicité